Écrire un bon prompt : la méthode en 6 éléments, avec exemples avant/après
La qualité d'une réponse d'IA dépend d'abord de la qualité de la demande. Rôle, contexte, tâche, format, ton, contraintes : la méthode en six éléments, avec des exemples concrets pour indépendants.
Un « prompt », c'est simplement la demande que vous écrivez à un assistant d'IA. Quand la réponse est décevante, c'est souvent parce que la demande était trop courte : l'IA a dû deviner qui vous êtes, à qui vous écrivez et ce que vous attendez. Elle a deviné au plus simple, donc au plus générique.
Voici une méthode en six éléments, inspirée des recommandations publiées par les éditeurs d'assistants (comme le guide d'ingénierie de prompt d'Anthropic), adaptée au quotidien d'un indépendant.
Générateur de prompt structuré
Construisez un prompt complet (rôle, contexte, tâche, format) à copier dans ChatGPT, Claude, Gemini ou Vibe.
Avant / après : la différence en un exemple
Avant :
Écris un mail de relance pour une facture.
Réponse probable : un e-mail passe-partout, trop formel ou trop vague, sans les informations utiles.
Après :
Tu es un assistant administratif qui rédige des courriers commerciaux courtois. Contexte : je suis électricien à mon compte. La facture n° 2026-041 de 1 280 €, envoyée le 2 octobre à la société Durand, est échue depuis 15 jours. Bonne relation avec ce client. Tâche : rédige un e-mail de première relance. Format : 100 à 140 mots, avec un objet. Ton : cordial et professionnel, vouvoiement. Contraintes : rappeler numéro, montant et échéance ; proposer de renvoyer la facture ; pas de menace. Si une information manque, pose-moi la question.
La seconde demande prend une minute de plus à écrire et donne un texte presque prêt à envoyer.
Les six éléments
1. Le rôle : qui doit répondre ?
« Tu es un juriste », « tu es un assistant administratif », « tu es un rédacteur web qui écrit pour des artisans ». Le rôle oriente le vocabulaire et le niveau de détail.
2. Le contexte : ce que l'IA doit savoir
Votre activité, le destinataire, la situation, ce qui a déjà été fait. C'est l'élément le plus souvent oublié, et le plus utile. Un bon test : un collègue humain aurait-il besoin d'autres informations pour faire le travail ?
3. La tâche : ce que vous demandez
Commencez par un verbe d'action précis : rédige, résume, compare, propose, corrige, classe. Une seule tâche principale par demande ; si vous en avez plusieurs, enchaînez-les.
4. Le format : la forme du résultat
« Un e-mail de 120 mots avec un objet », « un tableau à trois colonnes », « cinq points de 15 mots maximum », « une liste à puces ». Sans format, l'IA choisit à votre place, souvent trop long.
5. Le ton
Cordial, ferme, chaleureux, neutre, pédagogique. Précisez tutoiement ou vouvoiement.
6. Les contraintes et exemples
- Ce qu'il ne faut pas faire : « pas de jargon », « pas d'émoji », « n'invente aucun chiffre ».
- Un exemple de ce que vous aimez : « voici un e-mail que j'ai écrit, imite ce style ».
- Une consigne de fiabilité : « si une information manque, pose-moi la question » et « signale à la fin ce qui doit être vérifié ».
Itérer plutôt que tout réécrire
Le premier résultat n'est qu'un brouillon. Plutôt que de recommencer, demandez des ajustements ciblés :
- « Plus court, 80 mots maximum. »
- « Plus direct dans la première phrase. »
- « Ajoute une proposition d'échéancier en deux fois. »
- « Donne-moi trois versions de l'objet. »
Garder ses meilleurs prompts
Quand un prompt fonctionne bien, enregistrez-le dans un document avec des passages à compléter entre crochets ([nom du client], [montant]). La CNIL recommande d'ailleurs aux organisations de prévoir des modèles de prompts validés pour les tâches courantes : c'est un gain de temps et un moyen d'éviter de coller des données sensibles par réflexe.
Ce qu'il ne faut pas mettre dans un prompt
La CNIL recommande de ne pas saisir de données personnelles ou d'informations confidentielles dans des services grand public, et de vérifier si le fournisseur réutilise les conversations pour l'entraînement. Concrètement :
- remplacez les noms de clients par des repères (« client A ») quand ce n'est pas nécessaire ;
- n'y mettez jamais de données de santé, de coordonnées bancaires ou de mots de passe ;
- vérifiez les réglages de confidentialité de votre assistant (certaines formules permettent de refuser l'entraînement sur vos données).
Voir Utiliser l'IA sans exposer les données de vos clients.
Trois prompts prêts à adapter
Résumer un document :
Tu es un analyste qui résume des documents pour un dirigeant pressé. Voici [document]. Je dois décider [décision]. Donne 5 points clés, 3 questions à poser, et les chiffres importants avec leur emplacement dans le document. N'ajoute rien qui n'y figure pas.
Répondre à une question fréquente :
Tu es mon assistant pour répondre aux clients de mon activité de [métier]. Voici la question reçue : « [question] ». Voici les informations exactes : [prix, délais, conditions]. Rédige une réponse de 80 mots, cordiale, en vouvoiement, qui termine par une proposition de rendez-vous.
Trouver des idées de contenu :
Tu es un spécialiste de la communication locale. Je suis [métier] à [ville]. Propose 10 idées de publications utiles pour mes clients, chacune avec un titre et deux phrases. Pas de promotion agressive.
En résumé
Un bon prompt dit qui répond, dans quel contexte, ce qu'il faut faire, sous quelle forme, sur quel ton et avec quelles limites. Itérez sur le premier résultat, gardez vos meilleurs modèles, et ne collez pas de données sensibles. Pour construire vos prompts plus vite, utilisez le générateur de prompt, et pour des idées d'usage, lisez 20 usages concrets de l'IA pour un indépendant.
Sources
Consultées entre la rédaction et la dernière mise à jour de l'article. Les tarifs et conditions des éditeurs peuvent changer : vérifiez-les avant de vous engager.
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